photo © Patrick Guns, No to contemporary Art # 3,2006
« A l’origine de ce projet d’édition, une conviction : de part et d’autre de la frontière linguistique, la Belgique regorge d’artistes de (tout) poil et de (toute) plume, iconoclastes, subversifs et joyeux – dont tous ceux-là qui mêlent savamment les mots et les images, perpétuant une tradition implantée de longue date dans le sol meuble des territoires d’outre-langue. Mais peu ou mal connues du public, ces œuvres ne sont souvent fréquentées que par un cercle restreint d’initiés, amateurs de curiosa et de publications confidentielles dont la Belgique s’est faite une spécialité. L’intention originelle du projet était donc de faire exister un peu plus, voire un peu mieux ce Pays d’Irréguliers dont on entend si souvent dire – comme une plainte en sourdine – qu’« il ne sait pas se vendre ». En choisissant comme support électif la carte postale, klet & ko s’est donc proposé de sortir de la confidence une série de productions artistiques rafraîchissantes pour l’œil, sinon pour l’esprit. Car, contrairement au livre, la carte postale n’est pas un objet fermé : aguicheuse, toujours au balcon, douée d’une efficacité poétique immédiate, elle s’offre sans fard au regard de tous qu’elle aime titiller du haut d’un tourniquet. Enfin, cet ancestral bristol de format rectangulaire a vocation à circuler : trait d’union entre les êtres, la carte postale a la généreuse prétention d’annuler la distance qu’elle matérialise – un exercice dans lequel elle ne manque pas d’adresse(s). Tel est, rapidement mis en pot, le terreau fertile où a germé ce désir d'édition. »
